Quelle pièce d'or acheter en 2026 ?

Quelle pièce d'or acheter en 2026 ?

Le cours de l'or a battu tous ses records en janvier 2026 avant de corriger sérieusement. Si vous lisez ces lignes, c'est que la décision est déjà prise : vous voulez sécuriser une partie de votre patrimoine avec de l'or physique. Reste la vraie question, celle que personne ne vous explique clairement : quelle pièce d'or acheter ? Napoléon, Krugerrand, Souverain, Maple Leaf… Deux pièces qui contiennent exactement la même quantité d'or ne se revendent pourtant pas au même prix. Voilà pourquoi, et voilà comment choisir.

Dans cet article :

Pourquoi acheter des pièces plutôt qu'un lingot ?

Commençons par le premier arbitrage, celui que tout le monde passe trop vite.

Le lingot d'or d'un kilo, celui qu'on voit dans les films, coûte aujourd'hui près de 118 000 euros. Autant dire tout de suite que ce n'est pas par là que vous allez commencer !

Il existe bien des lingotins plus accessibles (20 g, 50 g, 100 g...), mais ils gardent un défaut de taille : ils sont indivisibles.

Et c'est tout le problème.

Imaginez : vous avez besoin de 3 000 euros dans cinq ans. Avec un lingotin de 100 grammes, vous le vendez en entier ou vous ne le vendez pas, aucune demi-mesure n'est possible.

Avec quinze pièces d'or, par exemple, vous en cédez quatre et vous gardez le reste.

Cette souplesse n'a peut-être l'air de rien aujourd'hui, mais c'est elle qui fait toute la différence le jour où vous avez besoin de liquidités : les pièces vous offrent une divisibilité appréciable.

La pièce a un second avantage, plus psychologique : elle permet d'acheter progressivement. Une pièce ce mois-ci, deux le trimestre prochain... Vous lissez votre prix d'entrée au lieu de miser tout votre budget sur le cours d'un seul jour, et croyez-moi, quand on voit l'amplitude du cours de l'or depuis deux ans, ça vaut le coup.

La contrepartie ? Il y en a une, forcément, vous payez la pièce un peu plus cher que l'or qu'elle contient. C'est ce qu'on appelle la prime, et j'y reviens juste après, c'est une notion très importante, sans doute même le nerf de la guerre.

Napoléon 20 francs (Louis d'or)
Napoléon 20 francs (Louis d'or)
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La pièce de 20 francs Napoléon pèse 6,45 g pour 5,81 g d'or fin : acheter un Louis d'or vous coûte aujourd'hui autour de 720 euros. Le ticket d'entrée n'a tout simplement rien à voir avec celui d'un lingot !

Les 6 critères à évaluer pour acheter sa pièce d'or

Avant de vous parler de pièces précises, il faut que vous ayez ces six critères en tête.

Ce sont eux qui expliquent pourquoi deux pièces contenant le même or peuvent s'échanger avec plusieurs dizaines d'euros d'écart.

1. La prime

La prime, c'est l'écart entre le prix que vous payez et la valeur de l'or réellement contenu dans la pièce (sa valeur intrinsèque).

Un exemple concret vaut mieux qu'un long discours : au 3 septembre 2026, un Napoléon 20 francs contient pour 698 euros d'or, et il s'échange autour de 722 euros.

La prime est donc de 3,4 %. Vous payez 24 euros pour le fait que ce soit une pièce reconnue, facile à revendre, et non un morceau de métal anonyme.

Ce qui est intéressant, c'est que cette prime bouge en permanence. Elle grimpe quand la demande s'emballe (typiquement en période de crise, quand tout le monde veut de l'or physique en même temps) et elle s'écrase quand le marché est calme.

Certaines pièces se négocient même en dessous de la valeur de leur or : le 20 francs suisse s'échangeait à 682 euros début septembre, alors qu'il contient exactement le même poids d'or fin que le Napoléon.

Vous achetez donc de l'or... Moins cher que l'or !

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La règle est simple à retenir : on achète prime basse, on revend en prime haute.
Une prime supérieure à 10 % sur une pièce d'investissement courante doit vous faire tiquer, sauf si vous savez précisément ce que vous faites.

2. La liquidité : pourriez-vous la revendre facilement ?

C'est le critère que les débutants sous-estiment le plus.

Une pièce connue se revend partout, en vingt minutes, chez n'importe quel comptoir, tant qu'une pièce exotique, vous allez devoir la négocier, l'expertiser, et vous encaisserez une décote.

En France, quatre pièces se revendent absolument sans friction : le Napoléon, le Souverain britannique, le Krugerrand et le 20 francs suisse. Pour le reste, ça se complique, pas toujours beaucoup, mais ça se complique (d'où la nécessité d'être informé).

3. Le titre et le poids d'or fin

Ne confondez pas le poids affiché et l'or que vous achetez réellement.

Un Napoléon pèse 6,45 grammes, mais il ne contient que 5,81 grammes d'or pur : le reste, c'est du cuivre, ajouté pour la résistance.

Son titre est de 900 millièmes.

À l'inverse, une Maple Leaf affiche 999,9 millièmes, soit de l'or quasi pur !

C'est plus beau, plus propre… mais aussi beaucoup plus tendre.

Une rayure sur une pièce 999,9 se voit immédiatement et se paie à la revente. De l'autre côté, les pièces alliées comme le Napoléon encaissent bien mieux les décennies passées dans un tiroir.

4. La boursabilité

Celui-là, vous ne le trouverez presque nulle part, et pourtant il vaut de l'argent.

En France, seuls les Napoléon à effigie Coq ou Marianne frappés entre 1898 et 1914 sont réputés boursables, à condition de ne présenter ni usure marquée, ni rayure, ni coup sur la tranche.

Un Napoléon non boursable se négocie à la simple valeur de son or, soit environ 698 euros, quand le boursable s'échange à 722 euros.

Vingt-quatre euros d'écart sur la même pièce... Et uniquement à cause du millésime et de l'état de conservation !

Si ça n'a l'air de rien sur une unité, dites-vous que sur vingt pièces, ça fait presque 500 euros...

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Mon conseil : demandez systématiquement un sachet scellé à votre vendeur, c'est ce qui garantit la boursabilité de vos pièces le jour de la revente.

5. Le format

Plus la pièce est petite, plus la prime est élevée en pourcentage : frapper une pièce de 3 grammes coûte presque aussi cher que d'en frapper une de 31 grammes. Paradoxal non ?

À l'inverse, une once vous coûte près de 3 800 euros d'un coup et vous ne pouvez pas la couper en deux.

Mon avis : en dessous de 10 000 euros de budget, restez sur des petits formats, car la divisibilité vaut largement le demi-point de prime supplémentaire !

6. L'état et le millésime

La numismatique, on vous le dit tout de suite, c'est un autre métier.

Une pièce rare peut valoir trois fois le prix de son or… ou perdre cette surcote du jour au lendemain, parce que sa valeur dépend d'un marché de collectionneurs et de leur volonté d'acheter ou non, pas du cours de l'or.

Si votre objectif est de sécuriser du patrimoine, tenez-vous à des pièces d'investissement courantes, en bel état. Vous n'êtes pas là pour spéculer sur la rareté d'un millésime de 1907.

Comparatif des 7 pièces d'or les plus populaires

Voici les sept pièces que vous croiserez systématiquement chez les négociants français, avec les chiffres relevés le 3 septembre 2026. Les cours évoluent tous les jours, mais les ordres de grandeur et les écarts de prime, eux, restent assez stables.

Pièce Or fin Titre Cours indicatif Prime constatée Liquidité en France
20 F Napoléon (Louis d'or)5,81 g900 ‰≈ 722 €+3,4 %Excellente
Demi-Napoléon (10 F)2,90 g900 ‰≈ 350 €+0,3 %Bonne
20 F suisse (Vreneli)5,81 g900 ‰≈ 682 €−2,3 %Bonne
Souverain britannique7,32 g916,7 ‰≈ 900 €+2,3 %Bonne
Krugerrand (1 oz)31,10 g916,7 ‰≈ 3 806 €+1,8 %Excellente
Maple Leaf (1 oz)31,10 g999,9 ‰≈ 3 900 €+4 %Moyenne
50 pesos mexicains37,50 g900 ‰≈ 4 400 €−2,3 %Moyenne

Le 20 francs Napoléon (Louis d'or)

Créée en 1803 par Bonaparte, frappée par dizaines de millions d'exemplaires, c'est LA pièce des épargnants français.

Plus de 117 millions d'exemplaires pour la seule effigie Coq.

Résultat : une liquidité imbattable sur le territoire, et un effet de prime prononcé dès que la peur revient sur les marchés, donc si vous ne deviez retenir qu'une seule pièce pour démarrer, ce serait celle-là !

Vérifiez simplement l'effigie et le millésime pour rester dans le fameux périmètre boursable.

Le demi-Napoléon (10 francs) : pour lisser vos achats

Même pièce, deux fois plus petite, autour de 350 euros.

C'est le meilleur outil si vous voulez acheter tous les mois sans y consacrer un gros budget.

Sa prime est un peu plus volatile que celle du Napoléon, et sa liquidité légèrement inférieure, mais elle reste très correcte.

Le 20 francs suisse Vreneli : le jumeau discret du Napoléon

Même poids d'or fin, même titre, une histoire commune (l'Union latine instaurée en 1865). Sauf qu'il est moins demandé en France, donc souvent moins cher.

Début septembre, il s'échangeait sous la valeur de son or, preuve que c'est typiquement l'arbitrage intelligent : vous achetez la même quantité d'or 40 euros moins cher.

Le revers de la médaille, c'est qu'à la revente vous ne bénéficierez pas de l'effet de prime du Napoléon en cas de crise.

Le Souverain britannique

7,32 g d'or fin, une notoriété mondiale, une prime raisonnable. C'est la pièce à privilégier si vous voulez un actif reconnu partout, et pas seulement chez les comptoirs français.

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Attention aux multiples effigies et millésimes : là encore, seules certaines variantes sont considérées comme boursables.

Le Krugerrand : la plus vendue au monde

Sud-africaine, une once d'or fin, alliée au cuivre (d'où sa teinte rougeâtre caractéristique) et donc très résistante, c'est la pièce d'investissement par excellence : prime faible, liquidité mondiale, aucune ambiguïté sur l'authenticité tant elle est connue.

Son seul défaut : 3 800 euros la pièce... Vous comprenez que c'est un ticket d'entrée qui ne convient pas à tous les budgets.

La Maple Leaf : la plus pure, la plus fragile

Canadienne, 999,9 millièmes, disponible de l'once au vingtième d'once. Elle est splendide et son titre rassure, mais sa surface se raye pour un rien.

Si vous la choisissez, il va falloir faire preuve d'un soin à toute épreuve et la garder dans sa capsule d'origine sans avoir à la manipuler. En France, elle se revend un peu moins facilement que le Krugerrand.

Le 50 pesos mexicains : le gros format historique

37,5 grammes d'or fin, la plus imposante de cette sélection.

Elle s'échange régulièrement en dessous de sa valeur intrinsèque, ce qui en fait une bonne affaire à l'achat, mais soyons clairs : elle est nettement moins liquide en France, et elle n'est plus frappée depuis 1972.

Bref, c'est une pièce d'or à réserver aux portefeuilles déjà constitués.

Quelle pièce d'or acheter selon son budget ?

Passons au concret. Voici comment je raisonnerais selon l'enveloppe que vous comptez y consacrer.

Moins de 2 000 euros : misez tout sur la liquidité

Deux Napoléon boursables, ou un Napoléon et deux demi-Napoléon, point.

À ce niveau de budget, la seule chose qui compte, c'est de pouvoir revendre vite et sans discussion, donc vous pouvez d'ores et déjà oublier les pièces exotiques et les éditions limitées.

De 2 000 à 20 000 euros : construisez un socle homogène

C'est la fourchette dans laquelle se situe la majorité des épargnants qui sécurisent une partie de leur patrimoine en pièces d'or.

Je partirais sur environ 80 % de petits formats français ou européens (Napoléon, Souverain, 20 francs suisse...) et 20 % en once, pour commencer à faire baisser la prime moyenne de votre stock.

Et surtout : étalez vos achats sur plusieurs mois ! Personne ne sait où sera le cours dans six mois, vous compris.

Au-delà de 20 000 euros : panachez pièces et lingotins

À partir de ce montant, la prime commence à peser lourd en valeur absolue.

Un mix 60 % pièces / 40 % lingotins de 100 g permet de garder de la divisibilité tout en réduisant le coût d'entrée global.

Mais il faut aussi penser au stockage : au-delà de 20 000 euros d'or à la maison, il faut sérieusement envisager le coffre bancaire, ça devient indispensable sinon votre assurance habitation va vous coûter une fortune et vous dormirez probablement plus mal la nuit, craignant les cambriolages.

Si votre objectif est la transmission

Privilégiez les petits formats : un stock de Napoléon se partage entre trois enfants sans problème, alors qu'un lingot d'un kilo... Non.

Et conservez précieusement toutes vos factures nominatives ! Ce sont elles qui vont conditionner le régime fiscal applicable, y compris pour vos héritiers.

La fiscalité des pièces d'or

Bonne nouvelle pour commencer : l'or d'investissement n'est pas soumis à la TVA à l'achat, et vous ne payez rien pendant la détention, puisqu'il ne génère aucun revenu.

Tout se joue à la revente, et vous avez le choix entre deux régimes.

  • La taxe forfaitaire sur les métaux précieux : 11,5 % du prix de vente total. Simple, applicable sans justificatif, mais vous la payez même si vous avez perdu de l'argent.
  • Le régime des plus-values : 36,2 % (19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur la seule plus-value, avec un abattement de 5 % par an dès la troisième année de détention. Exonération totale au bout de 22 ans.

Un exemple pour rendre ça palpable : vous revendez 20 000 euros de pièces achetées 14 000 euros il y a dix ans.

Avec la taxe forfaitaire : 2 300 euros. Avec le régime des plus-values : 6 000 euros de gain, moins 40 % d'abattement (8 années au-delà de la deuxième), soit 3 600 euros taxés à 36,2 % = 1 303 euros. Presque deux fois moins.

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Le hic : pour opter pour le régime des plus-values, vous devez prouver la date et le prix d'acquisition. Autrement dit, il vous faut une facture nominative.
Pas de facture, pas d'option : vous subissez les 11,5 %. Rangez-les avec vos actes notariés, pas dans un tiroir de cuisine.

Où acheter ses pièces d'or ?

Vous avez principalement trois options pour acheter des pièces d'or : le comptoir physique, le négociant en ligne et la banque.

Le comptoir physique a l'avantage de l'immédiateté : vous repartez avec vos pièces et vous les avez vues en vrai, il y a ce côté palpable et rassurant.

Le négociant en ligne affiche souvent des prix un peu plus serrés et livre en envoi assuré.

Quant aux banques, elles ont largement déserté ce marché : peu d'entre elles proposent encore ce service, et de surcroît c'est rarement dans les meilleures conditions...

Reste l'achat entre particuliers, que je vous déconseille franchement : pas de facture, donc pas d'option fiscale, et un risque de contrefaçon que vous n'avez pas les moyens de contrôler, à moins d'être un expert.

Les quatre pièges les plus courants que vous devez absolument éviter :

  1. La prime déguisée.
    Une pièce vendue 15 % au-dessus de sa valeur en or, présentée comme une "édition exceptionnelle". Comparez toujours le prix affiché à la valeur intrinsèque du jour !
  2. La confusion investissement/collection.
    Une pièce de collection ne suit pas le cours de l'or, si vous cherchez à sécuriser du patrimoine, ce n'est pas ce que vous voulez.
  3. L'absence de facture nominative.
    Elle vous coûtera cher à la revente, comme on vient de le voir.
  4. Le stockage improvisé.
    Un coffre bancaire coûte entre 150 et 300 euros par an. Un coffre à domicile suppose de déclarer les biens à votre assureur, sans quoi vous ne serez pas couvert en cas de vol.

FAQ

Quelle est la meilleure pièce d'or pour un premier achat ?

Le 20 francs Napoléon boursable. Avec un ticket d'entrée modéré (environ 720 euros), une liquidité maximale en France et une prime raisonnable, c'est la meilleure option. Si ce montant est trop élevé, partez sur le demi-Napoléon à environ 350 euros.

Combien coûte un Napoléon 20 francs aujourd'hui ?

Environ 722 euros au 3 septembre 2026 pour une pièce boursable, contre 698 euros pour la valeur de l'or qu'elle contient. Ce prix suit le cours de l'or au jour le jour, auquel s'ajoute une prime de quelques pourcents.

Faut-il acheter des pièces neuves ou anciennes ?

Pour l'investissement, ce qui compte n'est pas l'âge mais l'état et le millésime. Un Napoléon de 1911 en parfait état vaut plus qu'une pièce moderne rayée. Sur les pièces modernes très pures comme la Maple Leaf, en revanche, privilégiez les exemplaires récents restés en capsule.

Est-ce le bon moment pour acheter de l'or ?

Après le record de janvier 2026 et la correction qui a suivi, le cours reste très au-dessus de ses niveaux de 2024. Plutôt que de chercher le point d'entrée parfait, échelonnez vos achats sur six à douze mois : c'est la seule méthode qui vous protège d'un mauvais timing.

Choisir une pièce d'or, ça revient à arbitrer entre trois choses : la prime que vous payez, la facilité avec laquelle vous pourrez revendre, et le format qui correspond à votre budget. Pour un premier achat en France, le Napoléon boursable coche les trois cases. Pour un portefeuille plus étoffé, panachez avec du Souverain, du 20 francs suisse et quelques onces. Et gardez vos factures !

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